"J'habitais Passage Stanislas, deux pièces charmantes, avec un petit balcon, au dernier étage. Chaque soir, après dîner, vers huit heures, je sortais mes quatre chiens, pour une bonne promenade, plusieurs fois l'aller et le retour Boulevard Montparnasse, du carrefour Vavin à la Closerie des Lilas. Un soir, je rencontrai Guillaume Apollinaire.
Je le priai de m'attendre cinq minutes. Je remontai mes chiens et le rejoignis.
Grande conversation pendant près d'une heure, avec le même
manège qu'avec mes chiens. Le lendemain matin, en arrivant au Mercure, monté chez Vallette pour prendre les papiers de mon service, je cherchai tout de suite dans le carton des manuscrits. Je trouvai celui d'Apollinaire : La chanson du Mal Aimé. Je lus, je lus deux fois, trois fois, je fus transporté, émerveillé,
ravi, touché. Cette mélancolie, ce ton évocatoire,
ce bohémianisme, cette errance d'esprit, ce côté un
peu tzigane et l'absence de cette abomination de la poésie actuelle
: la rime riche. La chanson du Mal Aimé parut dans le Mercure Propos tenus par Paul Léautaud, qui était secrétaire de rédaction au Mercure de France. (Extrait de l'introduction du livre : La chanson du Mal - Aimé de Guillaume Apollinaire Page suivante : LLES SEPT EPEES (extrait de la chanson du Mal-Aimé)
Disque "La chanson du Mal Aimé"mis en musique |
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