Extrait du livre "Léo Ferré Testament typographe" de Jacques Perciot :

"Léo Ferré voit le jour à Monaco le 24 août 1916. Joseph, son père est employé au Casino. Marie, sa mère, d'origine italienne, est couturière.
A l'âge de cinq ans, Léo dirige déjà des orchestres imaginaires sur les remparts de sa ville natale. Il est vrai que son enfance est baignée de musique classique : de par ses fonctions, son père dispose de billets de faveur permettant à sa petite famille d'assister à tous les concerts donnés dans la Principauté. Il verra Maurice Ravel en personne diriger son Boléro et la Pavane pour une Infante défunte.

A l'âge de neuf ans, Léo est placé chez les frères du collège Saint-Charles de Bordighera, en Italie. Huit ans de "bagne", selon ses propres dires, au cours desquels il fourbira ses premières armes de sa révolte permanente.

Son père voyant d'un très mauvais oeil sa vocation pour la musique, le jeune homme est fermement invité à poursuivre des études "convenables". Bachot en poche, il étudie la philosophie puis le Droit à Paris où il s'installe en 1935.
Diplômé de la section administrative de Sciences-Po quatre ans plus tard, il est appelé sous les drapeaux et fera la Drôle de guerre à la tête d'une section de tirailleurs algériens. Démobilisé en 1940, il regagne Monaco et, plus tard, entre à Radio Monte-Carlo où il officie en tant que speaker, régisseur, bruiteur et pianiste...

De cette époque, datent ses premières chansons, cosignées avec l'auteur René Baër : La chambre, La chanson du scaphandrier.