
Récital Léo Ferré 72
- 73
Paris, Olympia
Octobre-novembre 1972
Le chien-Rotterdam-La fleur de l 'âge- A toi-La mélancolie-Les
souvenirs-
Les étrangers- Vitrines-L'oppression-Avec le temps-Vingt ans-Préface-Les
poètes
La damnation-Pépée-Night and day-Comme à Ostende-Ne
chantez pas la mort
Richard-La solitude-Ni Dieu ni maître
DVD - VHS 80 mn
Editions LA MEMOIRE ET LA MER
distribué par Harmonia Mundi
Date de parution: octobre 2001
Concernant ces images de Léo Ferré
"sur la scène", on peut véritablement parler de
découverte. Une campagne marketing efficace utiliserait sans hésiter
le mot "miracle" assorti de quelques superlatifs bien pesés.
Nous conterions alors par le menu, façon "Secret de la Licorne",
suite aux confidences d'un ami italien qui "se souvenait", le
chemin qui nous mena d'une cave milanaise aux oubliettes de la RTBF au fond
desquelles dormaient ces bandes. La mort d'un témoin capital en cours
"d'enquête" aurait pimenté le récit de cette
petite touche dramatique tant apprécié des échotiers.
Léo Ferré à Paris, filmé
par des italiens et archivé par des belges, en ces temps de mondialisation
quoi de moins surprenant finalement...?
Des chaînes de télévision qui conservent dans leurs
archives des spectacles de Ferré (ou d'autres) pour ne jamais les
diffuser, ni les mettre à disposition, ni même en établir
l'inventaire, quoi de plus normal ! Il existe des drames plus cruels...
plus inhumains...
Non, il n'y a plus de miracle. Les "concours de circonstances",
c'est notre passion qui les engendre. Cette passion obsessionnelle, inconsidérée,
dévorante qui guide les maniaques que nous sommes dans la recherche
de tous documents sonores, visuels ou écrits concernant Léo
Ferré.
N'oubliez jamais : "nous aurons tout... demain matin ! "
Léo Ferré "sur la scène" c'était vraiment
quelque chose ! Cette phrase, nous l'avons entendue de la bouche de tous
ceux qui ont assisté à l'un ou l'autre de ses concerts. Tous
n'étaient pas des "fans"... à l'époque, on
ne comptait plus les hostiles. Mais pas un pour ne pas reconnaître
l'immense talent du monsieur. Ferré, premier Auteur-compositeur-Interprète
de l'après-Trenet, est dans le monde du music-hall une sorte d'ovni
inespéré pour les uns ou une sorte de vilain petit canard
pour les autres. Il est celui qui rompt avec tous les us et coutumes du
métier. Tout chez Ferré fait contraste, sont style d'écriture
comme son attitude sur scène. Que ça plaise ou que ça
agace, Léo Ferré est décidément "d'un autre
pays que les autres". Ferré se plante droit comme un chêne
devant le micro. Sa gestuelle est aussi rare qu'efficace... un haussement
d'épaule... un doigt pointé sur le néant, prolongeant
un bras qui se tend, l'espace d'un instant... des mains qui se crispent
en poings le long de ce futal noir... ces mains en tremblements imperceptibles
qui expriment tout... la rage... l'agacement... la lassitude aussi... Et
puis ce regard... ah dis donc ! Le regard de Ferré... Ce putain de
regard que l'on dira "perçant" (l'acier est en crise...
pas les lieux communs)... le regard de l'insoumission... du défi...
de la tristesse aussi... toujours la tristesse...
Léo Ferré aura tout fait pour que les concerts soient accessibles
à tous... "dans la rue la musique ! "... Il est celui qui
aura introduit dans ce rituel prostitutionnel le moins de frime et de cabotinage.
Pour tout cela, ces 80 minutes de concert à l'Olympia sobrement filmées
au cours de trois soirées, probablement en novembre 1972, nous sont
particulièrement précieuses.
La légende raconte que Léo Ferré aurait participé
à la sélection et au montage du présent programme.
Alain Raemackers

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