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Je l'ai rencontré vers
les années cinquante, j'ai senti qu'il était tout entier dans
sa propre sincérité et qu'il se débattait à l'intérieur
de lui dans sa propre sincérité....ce qu'il en pensait n'était
pas une chose rapportée, c'était une chose vécue et ce
besoin anarchique qui le rendait parfois très déplaisant c'était
lui .... ce n'était pas un désir de vouloir être ça...c'était
lui. J'ai eu une période très difficile dans ma vie et je me souviens que dans cette période difficile où j'étais dans l'insomnie, où j'étais dans les difficultés personnelles - assez difficile d'envisager d'en sortir sans y laisser la peau - et c'est là où Ferré a été extraordinaire pour moi, parce qu'il m'est arrivé de réécouter les Rimbaud-Verlaine - et j'ai peut-être écouté ce disque pendant des nuits... peut-être 150 fois - et ce disque m'apportait ... des certitudes venaient à ma rencontre pour me dire que j'avais raison, pour me dire qu'un ami fraternel était là. Il n'en a jamais rien su, bien entendu, je n'ai pas été lui raconter ça... Et c'est là où l'on voit à quel point un artiste, quant il peut vous apporter ça, devient un frère... un ami de toujours pour toujours. Michel Bouquet interview extrait du film de Frantz Vaillant "Léo Ferré : les temoins de sa vie" 2003 La Mémoire et la Mer
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A une lettre anonyme Michel Bouquet, récitant
Editions LA MEMOIRE ET LA MER |
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